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lundi 1 octobre 2012

Rentrée culturelle cette semaine!

Invitation D-Vernissage de Tom Wesselmann au MBAM


Octobre, c'est la rentrée culturelle sur Montréal! Pour notre plus grand bonheur, la ville fourmillera chaque soir pour les mois à venir!
Un condensé de ce qui se passera cette semaine (du 1er au 5 octobre 2012):

Mardi, 2 octobre:

Lancement du livre Design? de Frédéric Metz, publié chez Flammarion, au Centre de Design de l'UQAM

Lancement du livre Danser a Capella de Simon Boulerice (Éditions de Ta Mère)

D-Vernissage de l'exposition de Tom Wesselmann au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Un premier événement qui marque le départ du Cercle des jeunes philanthropes du Musée.


Mercredi, 3 octobre:

Lancement du livre Audaces du chef de l'auberge Saint-Gabriel, Éric Gonzalez. 

Pièce de théâtre en cours au Théâtre du Nouveau Monde: Les femmes savantes
Du 2 au 27 octobre.


Jeudi, 4 octobre:

Vernissage des images gagnantes du concours LUX qui récompenses les meilleures photographies professionnelles au Québec, dans les bureaux d'Infopresse.


À venir cette semaine, mes comptes-rendus de certains de ces lancements et grandes premières!




jeudi 17 novembre 2011

HA ha! et le tragico-joual-comique de Ducharme

Photo de La Presse


Hier soir, je me suis délectée du cynisme comique et joual de Réjean Ducharme le temps de Ha ha! présenté au TNM.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'univers de Ducharme (votre mémoire fait peut-être défaut, car nous en avons tous vaguement entendu parler au secondaire ou au Cégep!), voici en vrac quelques mots décrivant son oeuvre:
- L'enfance
- Refus du monde adulte
- Cynisme
- Humour 
- Joual, poésie, jeux de mots, vocabulaire imaginaire
- Le tout mélangé à des référents québécois très ancrés dans l'imaginaire collectif et issus d'une classe sociale plutôt défavorisée.

On le comprend, un beau mélange de genres! Dominic Champagne a réussi avec brio à se coller à l'univers de l'auteur québécois. Tout concorde: de la physionomie naturelle qui caractérise les 4 acteurs, aux décors, en passant par la trame sonore et la direction des comédiens; on y croit.

Les comédiens (François Papineau, Anne-Marie Cadieux, Sophie Cadieux et Marc Béland) livrent des performances très physique et s'adonnent à des gymnastiques de dictions et de vocabulaires dignent de Ducharme. Mention spéciale à Anne-Marie Cadieux, dans son personnage de Sophie, qui est survoltée tout au long des 2h20 de la pièce sans jamais faiblir en intensité. 

Dans Ha ha! on est propulsé dans l'univers tordu de Roger, Sophie, Mimi et Bertrand; des adultes-enfants qui cherchent tous à se faire aimer à travers leurs personnalités troubles. On nage dans la misère, le cynisme, l'humour, l'alcool, la drogue, l'amour, le vice...
J'étais assise pas très loin de Robert Charlebois dans la salle hier. C'est certain, le chanteur a connu et a fréquenté Réjean Ducharme - c'est d'ailleurs lui qui a mis ses textes en chansons. À entendre ses commentaires à l'entracte, ce à quoi on venait d'assister en première partie « C'était vraiment ça Ducharme des moi-gnon - moi-gnon - moi-gnon», des mots que Roger (celui qui domine le groupe) répète souvent dans ses délires poétiques. Bref le commentaire Robert Charlebois est venu confirmer la conviction que j'avais qu'on avait su recréer avec justesse l'univers de Réjean Durcharme.

Une pièce à voir absolument!

Ha ha!
Du 15 novembre au 10 décembre 2011
@ TNM

lundi 25 juillet 2011

Zoofest 2011 : TTC & Cranbourne


Théâtre Tout Court & Cranbourne: ce sont les deux spectacles auxquels on a assisté jusqu'ici dans le cadre du Zoofest. Deux excellentes productions qui méritent d'être vues et qu'on parle d'elles.

Théâtre Tout Court ou TTC
C'est au Théâtre Sainte-Catherine que nous sommes conviés pour assister à cette soirée. C'était la première fois que je mettais les pieds là et, je dois avouer que j'ai été agréablement surprise. De l'extérieur, on ne sait pas trop à quoi s'attendre, mais à l'intérieur, ce n'est pas mal du tout. Une petite salle d'une cinquantaine de places où les chaises ont le mérite d'être confortables et une petite scène qui permet la proximité avec l'action. 
Il s'agit d'un projet de la troupe du Théâtre Absolu. Leur concept est emprunté à celui des américains qui sont friands de ces soirées où l'on présente tour à tour de courtes pièces. C'est ce à quoi on a assisté avec Théâtre Tout Court. Cinq courtes pièces se sont succédées et elles mettaient en vedette une dizaine de comédiens. Les sujets qu'ils abordent sont modernes et actuels: un participant «douche bag» de Loft Story qui lit une lettre à sa blonde pour son anniversaire, couples, colocation et enfants qui prennent de grandes décisions. On passe par une foule de sujets qui n'ont pas nécessairement de liens entre eux. Personnellement, je me suis bien amusée et j'ai ri de bon coeur à plusieurs reprises. Ça n'a pas semblé être le cas pour tout le monde. Il faut noter que nous n'étions que 10 dans l'assistance et que nous n'avions pas tous «le sens de l'humour». Je me demande d'ailleurs ce que certains faisaient là, car ils avaient l'air de s'emmerder royalement. Bref, mention de plus pour les comédiens qui ont joué avec le même niveau même si la salle était «vide». J'ai découvert là un beau concept et j'ai hâte d'assister de nouveau à une de leur soirée.

Cranbourne
Le «conteur» Fabien Cloutier a joui d'une belle vitrine l'an dernier avec son fameux Scotstown qui avait fait, rappelons-le, son effet auprès du public. Cette année il revient à la charge en nous présentant Cranbourne. Il s'agit d'un «conte» moderne raconté en rafale pendant une heure quelques minutes par le personnage principal - qui n'a pas de nom d'ailleurs. Un gars comme plusieurs autres qui vit dans un petit village et qui se rend compte que, rendu à un certain âge, il ne reste plus beaucoup de choix de conquêtes pour se bâtir une vie de couple. On le suit dans sa quête amoureuse - parsemée d'anecdotes et de souvenirs - et on en arrive à se demander: «pourquoi un bon gars comme lui finit par manger la pelleter de merde?». Une histoire succulente, crue et parfois vulgaire, touchante, mais surtout drôle et racontée avec brio par Fabien Cloutier. Pour mieux comprendre son style, unique soit dit en passant, il faut voir!

Ce soir, toujours dans le cadre du Zoofest, on se paie Les frères Rivaux!

lundi 18 juillet 2011

Cirque Invisible, mais surtout magique!


Le Cirque Invisible du couple formé par Victoria Chaplin (oui, oui! La fille de!) et de Jean-Baptise Thiérrée est entré, vendredi dernier, dans la liste des plus belles choses que j'ai vues dans ma courte vie. 

Le duo talentueux et excentrique a su inventé un cirque qui, on l'imagine, leur ressemble; parce que ça ne ressemble à rien de ce qui se fait dans le domaine. Ils allient bricolages, petits tours, humour, théâtre, cirque à l'ancienne et moderne... Ce n'est pas enfantin, mais pourtant, c'est l'enfant en nous qui est émerveillé devant leurs numéros. Lapins, vélos, oies, bulles, déguisements... Les chorégraphies s'enchaînent sans jamais se ressembler ni même s'apparenter à un autre type de cirque. Vraiment, ils sont uniques.

Jean-Baptiste Thiérrée se charge de la partie «humour» et magie du spectacle. Il est drôle, espiègle et ingénieux. Il réussit sans difficulté à faire décrocher un sourire à chaque spectateur, peu importe l'âge. Son humour est universel, on n'a pas besoin de mots ou de références pour le comprendre. On aime automatiquement cet homme à la chevelure blanche et ébouriffée et on rêve en secret qu'il soit notre grand-père! Soulignons d'ailleurs que, pour l'âge qu'ils ont (soixantaine), le couple a une forme physique et une vivacité à couper le souffle. Les petits numéros de Jean-Baptise entrecoupe les chorégraphies oniriques de Victoria. 

Chaque fois que Victoria se présente sur scène, c'est pour nous présenter un «petit tableau» où un de ses costumes ou personnages se transformera sous nos yeux en quelque chose d'insoupçonné. Ses petites scènes sont habillement chorégraphiées et elles sont gorgées de poésie avec une touche d'onirisme. Chaque fois qu'elle frôle le sol de la scène, on comprend vite qu'on assistera à quelque chose d'étonnamment beau. Ma scène préférée fût celle où sa robe verte aux allures de jardins s'est transformée sous nos yeux en un très gracieux cheval... Je souris juste d'y penser. Ajoutons à tout ça que juste de la voir sur scène nous donne l'impression de se trouver devant une page d'histoire. On ne peut le nier, elle a des traits qui s'apparentent beaucoup à ceux de son père, Charlie Chaplin. 

Tous les costumes et les dispositifs que le couple entrent sur scène ont d'ailleurs été bricolés de leurs mains. Il faut vraiment voir pour être en mesure d'évaluer à sa juste valeur le génie créatif de ces deux personnages. Tout à l'air bricolé à partir de rebus et, ce qui en ressort, c'est du merveilleux. Les objets et les vêtements se déplient pour trouver d'autres fonctions et d'autres moyens de nous étonner. Vraiment, je crois qu'il n'y a pas de mots pour rendre l'expérience qu'ils nous font vivre.

On regrette seulement qu'il n'y existe pas un programme souvenir avec des photos du spectacle à conserver comme «objet témoin» du rêve éveillé auquel on vient d'assister.

Malheureusement, si vous n'avez pas assisté à l'une des quatre représentations qui ont été données au Théâtre Outremont dans le cadre du Festival Complètement Cirque, il vous faudra trouvez un autre moyen de voir cette petite merveille car... Les représentations se sont terminées hier. 
Par contre, s'il vous est possible de les voir un jour sur le continent européen, je vous le jure, le voyage en vaudra la chandelle!

jeudi 14 juillet 2011

Wunderkammer, physique à l'honneur


Hier, nous avons assisté au spectacle Wunderkammer de ta troupe australienne C!RCA à la TOHU. Avant toutes choses, je tiens à souligner que j'adore cette salle, juste d'y être, ça débute bien une soirée pour moi. J'aime l'ambiance qu'il y a entre ces murs; un mélange de mystère, de ludique et de grandiose. La salle est très confortable - les bancs sont à une distance parfaite - et on voit bien de partout. La joie quoi!

Wunderkammer, c'est le nom allemand pour désigner les cabinets de curiosités que l'on retrouvait en Europe au temps de la Renaissance. Les cabinets regroupaient des encyclopédies et des tas d'objets hétéroclites et aucuns liens n'étaient établis entre eux. 
Le Wunderkammer de la troupe C!RCA est, oui, un peu hétéroclite, mais ce qui frappe le plus, c'est le côté physique du spectacle. Les 7 artistes sont carrément des athlètes. Ils sont forts, que ce soit les femmes ou les hommes. Ils utilisent le corps comme des structures qui les aident à grimper, se propulser et à chorégraphier. À preuve, le décor ne tient qu'à des tubulaires lumineux, à des spots et, les seuls «objets de cirque» qu'ils utilisent sont une corde, un trapèze, quelques blocs ici et là et des cerceaux. C'est très minimaliste, l'emphase est plutôt mise sur la performance et ils ont bien fait parce que c'est carrément étonnant de les voir à l'oeuvre. Ils font aussi dans le burlesque, la plupart des numéros tiennent sur l'habillage et le déshabillage des artistes. Les filles de la troupe sont très sexy et elles portent des talons hauts presque tout au long du spectacle. Ça tient quand même du défi, car ils sont très hauts.  

Wunderkammer débute sans vraiment de préambule. Dès que les lumières s'allument sur la scène, une jeune femme se lance dans un numéro de cerceaux. Pas le plus impressionnant que j'ai vu de ma vie, mais c'était correct. C'est après que le coup d'envoi du spectacle a réellement été donné quand tous les artistes sont arrivés sur scène avec des ballons(?) dégonflés dans une narine. Le spectacle est d'ailleurs entrecoupé de petites scènes plus «humoristiques» entre chaque gros numéro. Ce n'est pas toujours hilarant, mais ç'a le mérite de faire sourire: faire éclater des bulles de papier à bulles, chanter le globe terrestre, s'arracher des bandes adhésives sur le corps...! 

Tous les numéros sont bons, mais à des degrés différents. Mes deux coups de coeur vont à un numéro très physique où tous les membres de la troupe s'entremêlent dans une chorégraphie de «bascule humaine». On lance tout le monde en les balançant d'un côté à l'autre de la scène; hommes, femmes, tout le monde y passe. C'est très impressionnant. L'autre va à un numéro où une des femmes se déplace sur la scène en marchant, mais ses pieds sont soutenus tout ce temps par deux de ses collègues couchés par terre. Ça en fait une scène empreinte de poésie. On dirait que la jeune femme se déplace sans gravité mais, en même temps, on sent toute sa difficulté à bouger. Un beau contraste. 

La bande sonore de Wunderkammer est également excellente. Énergique à ses heures et touchante quand en vient le moment. On accorde beaucoup de place à l'électro et au Hip Hop et c'est tout désigné, selon moi, avec le caractère physique des numéros.

Un très beau et bon spectacle. Le Festival Montréal Complètement Cirque l'annonçait comme une tête d'affiche et ce fût un bon choix. On dit de Wunderkammer qu'il est un spectacle pour «tous»... Oui, mais tout dépend du type de cirque auquel vos enfants auront été habitués et de votre seuil d'acceptation de «petites tenues» pour eux. Ils risquent d'avoir des surprises une fois installés dans la salle!

Wunderkammer @ La TOHU
Jusqu'au 23 juillet
http://www.montrealcompletementcirque.com/spectacles/wunderkammer

mercredi 13 juillet 2011

Miroir Miroir, quand tu te fais trapèze...


Il y existe plusieurs types de cirque: le traditionnel, le plus athlétique, l'hybride, le grandiose, le poétique et celui qui repose sur une démarche plus poussée. Miroir Miroir, c'est un numéro de cirque poétique qui sous-tend une démarche physique et conceptuelle. 

C'est avec ce spectacle que nous avons débuté, hier, notre «marathon» Complètement Cirque. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à voir ce que j'ai vu. Mélissa Von Vépy est une trapéziste et danseuse, qui, accompagnée d'un pianiste, interroge son miroir. Lorsqu'elle entre sur scène, seul un pan de miroir à douze carreaux et un banc attendent l'artiste. Avec le pianiste qui fait office de «trame sonore en temps réel», elle met une bonne dizaine de minutes à apprivoiser le miroir. Ses mouvements sont très gracieux et on comprend l'intensité et la profondeur qu'elle veut créer vis-à-vis cet objet de réflexion... mais, pour être franche, l'introduction est un peu longue.

L'action, si elle en est une, débute lorsqu'elle décide de briser l'un des carreaux avec son soulier, elle enjambe alors la structure. S'en suit un numéro de contorsion et d'équilibre sur cette structure, qui semble lourde et tranchante à vue de spectateur. Encore une fois, c'est très poétique, c'est beau de la voir à l'oeuvre, mais au bout d'une vingtaine de minutes, on sent que l'artiste a fait le tour de ce qui  est possible de faire physiquement avec le miroir. Le numéro se termine à ce moment, après trente minutes. 
Je crois que toute l'assistance hier, était un peu surprise de ce qu'elle venait de voir, car elle a mis un bon moment avant de se mettre à applaudir. Non pas que le numéro n'était pas au point ou mauvais, mais je crois que tout le monde s'attendait à autre chose. L'autre côté du miroir, je croyais vraiment qu'on découvrirait une autre personnalité, ou un autre univers pour la trapéziste. Mais ce ne fût pas le cas.

Certains critiques, comme Jean Siag de La Presse, ont semblé adorer la performance. Ce dernier y a vu une réflexion sur l'image et sur le danger. Personnellement, j'ai plutôt interprété cela comme un exercice sur la réflexion, dans le sens physique du terme. C'était beau de voir des parties du corps de l'athlète se refléter de sorte qu'elle devienne un humain hybride à plusieurs jambes ou mains. Mais on ne peut contredire personne là-dessus; c'était un numéro très poétique. 

Autre fait intéressant, tout au long de la performance, le pianiste a accompagné Mélissa Von Vépy sans la regarder. Signe d'une complicité extrême ou que le numéro était leadé par le pianiste? Quoi qu'il en soit, c'était impressionnant. 

À la lecture de ces lignes, vous aurez compris que ce n'est peut-être pas le type de cirque qui s'adresse aux enfants. Il y en avait un dans la salle lors de cette représentation et il n'as pas semblé y trouver son compte. Tout dépend du type d'enfant que vous avez et, bien entendu, du type de spectateur que vous êtes. Je le confirme, ce n'est peut-être pas le genre de numéro qui plaira à tout le monde.

Miroir Miroir @ Espace GO
Jusqu'au 16 juillet
http://www.montrealcompletementcirque.com/spectacles/miroir-miroir

mardi 14 juin 2011

Valises: le théâtre dans une BD!


Aux Écuries! Un autre petit théâtre montréalais que j'affectionne particulièrement! On en a moins entendu parler cette année, car il était en rénovations (malheureusement ou heureusement, tout dépend du point de vue). Pour notre plus grand bonheur, ces rénovations achèvent et les pièces recommencent tranquillement à remonter sur scène depuis quelques mois. Le théâtre est situé en plein quartier résidentiel dans Villeray et il propose une formule des plus décontractée. On paye nos billets directement à la porte et ils sont presque tous vendus à un prix fixe: 20$. On aime. 
On aime encore plus le fait que la salle nous permettent d'y entrée une consommation que nous aurons préalablement achetée au petit café du théâtre. La salle est confortable et juste assez grande pour que l'on puisse bien voir la scène de partout. Un charme! Mais ce n'est pas parce que l'institution offre une formule plus «ouverte» qu'on se permet de lésiner sur la qualité des productions accueillies. J'ai vu Aux Écuries des pièces de très haut calibre et des artistes émergents prometteurs, comme par exemple, Kick d'Étienne Lepage.

Ces jours-ci, on nous présente Valises, une adaptation d'une bande-dessinée pour la scène. Un projet de la compagnie Blitz d'axe adapté, créé et interprété par Marie-Hélène Gosselin et Xavier Malo. La compagnie est d'ailleurs née d'un intérêt commun pour le théâtre de l'image. Son mandat est de faire des transpositions scéniques qui partent d'un médium X pour recréer une expérience théâtrale, tout en préconisant le mélange des genres artistiques. Un  beau projet lu comme ça! Ils nous proposent donc une pièce sans dialogue où trois histoires se mêlent à travers un dispositif scénique représentant des cases de BD. Je n'irai voir la pièce que jeudi, je ne peux donc pas vous en dire plus, mais disons que l'expérience promet d'être des plus novatrice. Les critiques, jusqu'à maintenant, ont été un peu mitigées; ce qui ressort le plus, c'est que le dispositifs et les images sont fortes, mais qu'il aurait peut-être été intéressant d'entendre les personnages parler. Ça sera à juger en voyant la pièce!

Valises, jusqu'au 18 juin @ Théâtre Aux Écuries
7285 rue Chabot
Métro Fabre

vendredi 10 juin 2011

Montréal en formule Cirque!


Dans moins d'un mois, le cirque débarquera en ville en formule festival pour une deuxième année! À sa première édition, en 2010, le Festival Montréal Complètement Cirque a joui d'une belle envolée et les résultats ont été très intéressants. Comme dans le cas de tous les festivals de la ville, il faut se procurer nos billets à l'avance si on veut être certains d'assister aux spectacles de nos choix; comme la programmation est très alléchante et de qualité, les billets s'envolent vite. Le FMCC offre d'ailleurs des promotions très intéressantes et ce, pour toutes les tranches d'âge. 

Les promotions
Dès le départ, si vous êtes âgés de 25 ans et moins, vous aurez droit à un rabais de 20% à l'achat de vos billets et pour les détenteurs de la carte Accès Montréal, c'est 10%. Intéressant. Les familles composées de 2 adultes et de 2 enfants peuvent, quant à eux, toucher un rabais de 50%. Pour tous ceux qui n'entrent pas dans ces «barèmes», il est possible d'avoir droit aux forfaits découvertes: à l'achat d'un billet pour une «grosse» production à prix régulier, il est possible d'avoir un billet pour une sélection de plus «petites» productions pour seulement 10$! Et quand on dit petites créations, ce n'est pas si petit que ça! On parle de spectacles de qualité qui ont été bien reçus par les critiques de partout dans le monde! 
Il est aussi possible de faire une sélection de 3 spectacles parmi les plus petites productions pour 30$. Tout ça est fort intéressant et il faut nous dépêcher pour faire nos choix car les spectacles les plus courus s'envolent à la vitesse de l'éclair. J'ai fait ma sélection de spectacles hier et, déjà, des dates et des spectacles n'étaient plus disponibles... C'est noté pour l'an prochain!

Ma sélection de spectacles:
Je dois vous avouez que toutes les productions offertes cette année piquent la curiosité et ont des feuilles de route assez impressionnantes. Qu'importe vos choix, je crois que personne ne sera déçu de ce qui se déploiera sur les scènes durant le festival. Mes recommandations:

Wunderkammer @ la TOHU
Spectacle de la troupe australienne CIRCA qui a déjà été de passage à Montréal avec La chambre des merveilles. Sept acrobates offrent une performance qui a été mondialement saluée pour son mélange savant de danse contemporaine, d'athlétisme, de burlesque, de poésie et d'humour. Je n'ai pas vu leur spectacle précédent, mais la troupe semble vraiment prometteuse et novatrice.

Le Cirque Invisible @ Théâtre Outremont
Le fameux spectacle de la fille de Charlie Chaplin, Vitoria Chaplin, qu'elle présente en collaboration avec Jean-Bastiste Thiérrée (son compagnon de vie). On qualifie leur style d'unique. Le spectacle s'annonce un brin onirique et il plaira aux amateurs de bulles, de costumes, de personnages farfelus et de surprises. Le genre de cirque que j'aime. Et le fait que ce soit une création de la fille même de Chaplin ajoute une touche de «mémorable» et un brin d'historicité dans la représentation.

Patinoire et le Cabaret 2011 des 7 Doigts de la main 
Parce que ce que font les 7 doigts de la main est tout simplement génial. Ils réinventent le genre à chacune de leurs créations. Les sept artistes de talents ont chacun des forces et des univers qui leurs sont propres et, qu'ils présentent leur génie créateur ensemble ou séparément, ce qui en ressort est toujours enchanteur. Ils mêlent cirque, théâtre, humour, burlesque, charnel... Ils sont tout à la fois sans rien laisser au hasard. Ils plaisent à tout le monde et pour des raisons aussi différentes que le style des 7 Doigts de la main est diversifié. Des montréalais dont on peut être très fiers, car ils nous représentent sur la scène du cirque internationale depuis plusieurs années déjà. Et... malgré les années, leurs créations ne perdent rien de leur mordant.

Mirroir Mirroir @ Espage GO
Dans la liste des spectacles dont on peut se procurer les billets à 10$, celui-ci entre autres, pique la curiosité. Une trapéziste, Mélissa Von Vépy, danse et voltige avec un dispositif de miroirs, en duo avec son reflet. Reste à voir ce qu'il y aura de l'autre côté du miroir...! Le spectacle a été présenté au Festival d'Avignon en 2009 et il a conquis tout le monde sur son passage depuis. Un type de cirque plus poétique qui risque d'être fort intéressant.

Tout ça et... Bien d'autres productions! Malheureusement, il faut faire des choix, faute de budget. Pour ceux et celle qui n'aiment pas les compromis, par contre, il y existe un forfait VIP qui vous donne droit de voir tous les spectacles en formule Complètement Cirque (pour 375$). On rêve de pouvoir se le procurer...

Festival Montréal Complètement Cirque 
7 @ 24 juillet 2011
http://www.montrealcompletementcirque.com

mercredi 8 juin 2011

Retour «-- sur cette mi-FTA

Jusqu'à maintenant, j'ai vu deux des trois créations pour lesquelles je m'étais procurée des billets au FTA. Je dois avouer qu'à ce jour, je ne suis pas aussi enchantée que les années précédentes de ce que j'y ai vu. Peut-être est-ce moi qui ai mal choisi mes pièces, mais... 



Vendredi dernier, j'ai vu Octobre 70 à la Place des Arts. On annonçait un nouveau point de vue  sur le tragique événement impliquant Pierre Laporte et une cellule du FLQ. En effet, pour prendre la description au mot, on avait un nouveau point de vue: celui d'en haut. Le public était juché sur des échafaudages à trois niveaux qui encerclaient la scène. On voyait donc l'action du dessus. Au début, ça nous laissait croire que nous assisterions à quelque chose de novateur, que nous découvrions une facette de l'histoire qui ne nous avait jamais été révélée. Détrompez-vous, ce ne fût pas le cas. Nous avons assisté à une réplique de l'oeuvre cinématographique de Falardeau, en plus resserrée, avec moins d'émotions et presque moins de niveaux de jeu. Rien de neuf sous le soleil d'Octobre 70. On a seulement vu les dessus de têtes des comédiens plutôt que leur visage (c'est peut-être ça d'ailleurs qui amplifiait notre impression de manque d'émotions dans le jeu). Dommage que les échafaudages n'aient rien amené de plus à la pièce, sinon des courbatures aux spectateurs qui étaient tous recroquevillés sur eux-mêmes pour mieux voir ce qui se passait en bas...



J'ai aussi vu L'Enclos de l'Éléphant, hier à l'Espace Libre. Nettement mieux que la création précédente. Encore une fois, on a essayé de déstabiliser le spectateur en le plaçant dans un environnement théâtral qui ne lui est pas familier. En entrant dans la salle, on nous donne un numéro de siège judicieusement choisi pour nous séparer des gens avec lesquels nous sommes arrivés. La scène est, ici aussi, encerclée par les sièges et ceux-ci sont tous séparés de chaque côté par des panneaux noirs qui nous empêchent de voir nos voisins. Chacun de ces panneaux est muni d'une caméra d'espionnage et d'un moniteur qui nous permettent de voir (ou d'espionner) un autre spectateur dans le confort de son siège. Au début, ç'a de quoi nous exciter, ce n'est pas tous les jours qu'on est confronté à ce genre de dispositifs; mais on se lasse un peu vite de voir l'autre personne ne rien faire de croustillant et on oublie ledit dispositif. 
L'enclos de l'éléphant est une pièce sur l'insécurité, voir la paranoïa, et la surveillance typique à notre époque. On aurait pu entrer de façon encore plus poussée dans l'aspect «surveillance», mais en général, c'était réussi. Paul Ahmarani y joue de façon remarquable un homme étrange (le mot est même faible ici) qui, par une veille d'averse demande à un homme d'entrer chez lui. Une demande qui, selon ses dires, n'implique rien et ne demandera rien en retour... Les choses prennent une drôle de tournure durant l'heure qu'ils passent ensemble et, jamais on ne comprend réellement où «Paul» voulait en venir. On en ressort seulement avec la vague impression qu'on ne laissera plus jamais franchir le seuil de notre porte à un inconnu... Comme quoi l'univers dans lequel on a voulu nous plonger pour cette création colle à la route. L'interprétation de Denis Gravereaux, Alexis le médecin qui accepte bien de dépanner Paul, est également digne de très grande mention. Son personnage parle à peine, il écoute et subit la visite de l'inconnu avec un calme déconcertant. Son jeu est nuancé et il interprète de façon très convaincante la montée d'anxiété liée à la visite qui s'éternise de Paul. Une belle création, mais à laquelle il manquait un je-ne-sais-quoi pour que le sentiment d'anxiété ressenti en tant que spectateur en fasse une pièce mémorable. 
Si j'avais un prix citron à remettre pour les installations, par contre, il irait sûrement aux sièges et aux panneaux qui avaient été conçus pour cette pièce et qui n'étaient visiblement pas adaptés aux gens ayant des tailles plus fortes. Bien malheureusement, ces derniers ce sont retrouvés dans des positions très «inconfortables» tout au long de la pièce. 

Ne me reste plus qu'à voir What's Next, nouvelle création de Dave St-Pierre et de Brigitte Poupart, que j'attends avec impatience...! Les critiques sont bonnes jusqu'à maintenant et je prédis que c'est elle qui restera mon incontournable du FTA 2011.

Le Festival Transamériques se poursuit jusqu'au 11 juin.

lundi 30 mai 2011

Thierry Ricourt : Agent Spécial de l'Interpol

Image La Presse

C'est une des belles découvertes que j'ai faite au Zoofest l'an dernier: Les incroyables aventures de Thierry Ricourt. Un projet tout ce qu'il y a de plus déjanté qui n'est ni du théâtre, ni de l'improvisation, ni un feuilleton, ni une série télé, ni un spectacle musical; mais tout ça à la fois! 

Il s'agit du projet de Marie-Lise Chouinard, une diplômée, encore assez ressente, de l'option théâtre du Collège Lionnel-Groulx. En plus de Thierry Ricourt, elle taille assez bien sa place en ce moment dans le milieu et on a pu la voir dans la dernière édition des Parlementeries. Le talent d'écriture, de mise en scène et le sens du spectacle de cette jeune femme à la crinière volumineuse est indéniable. Les incroyables aventures de Thierry Ricourt est littéralement une série télé séparée en épisodes qui prennent place sur les planches plutôt qu'à la télé. Et le plus ingénieux, c'est que l'auteur a écrit les épisodes à la manière des Simpson; on peut les regarder dans n'importe quel ordre et on ne manque rien de l'intrigue parce qu'il ne s'agit pas d'une histoire chronologique. On parle ici, également, d'un excellent mode de fidélisation du public, car on a toujours hâte de voir le nouvel épisode et ça ne nous dérange pas de revoir un épisode parce que c'est bon; comme dans le cas des Simpson. 

Et quel en est le propos? À chaque début d'épisode, la joyeuse bande de comédiens, constituée de Marie-Lise, de quatre autres jeunes comédiens et amis et accompagnés de son groupe musical Velours de Rubis; nous chantent avec entrain le gingle de la série et, chaque fois, on rit et on finit par le chanter avec eux. 
Thierry Ricourt, est un agent spécial de l'Interpol, un français que l'on dépeint typiquement avec ses complexes de supériorité. Samuel Côté, Thierry Ricourt lui-même, porte à la perfection ce rôle avec ses mimiques à la Jim Carrey et son physique filiforme qui prête à la cascade. On entre donc dans son quotidien d'agent, où les personnages sont plus extravagants que nature: le stagiaire lèche-botte, la secrétaire plantureuse, le patron gras et lui, l'agent spécial trouillard et super-héros à la fois... Des clichés me direz-vous, mais oh! combien délectables. On ne se lasse pas de les voir faire des «cascades maisons» avec peu de moyens, de les entendre «perler» à la française et de les voir évoluer dans leurs intrigues un peu prévisibles; parce que c'est bien fait, intelligent et drôle. 
Quand je parle de peu de moyens, c'est très peu de moyens. Mais ça va bien à la troupe qui est composée de gens ouverts et prêts à tout pour se faire connaître. Leurs premiers spectacles, ils les ont donnés au Café Cléopâtre et ils étaient tous dehors, costumés, à quelques minutes du début des représentations, à faire eux-même la promotion de leur chef-d'oeuvre aux passants. Ils sont géniaux!

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que demain, mardi le 31 mai, ils donneront une représentation gratuite d'un nouvel épisode. Le but? Séduire un diffuseur dans le but de faire le saut au petit écran. Les voir à la télé serait, en effet, un succès de plus à la télévision québécoise et j'exagère à peine!

Les Incroyables Aventure de Thierry Ricourt
31 mai 2011 @ Lion d'or
Portes : 19h30
Distribution: Geneviève Boivin-Roussy, Yannick Chapdelaine, Marie-Lise Chouinard, Samuël Côté, Pierre-Philippe Côté, Gabriel Dagenais, Christian David, Jérémy Demay, David Leblanc, Florence Longpré, François Morin, Manuel, Sinor, Guillaume Tremblay ainsi qu'un invité spécial

vendredi 13 mai 2011

En découdre : sous les mailles de la schizophrénie


En découdre est la toute nouvelle pièce mise en scène par Éric Jean au Théâtre de Quat'Sous. Depuis qu'il a pris les rennes de l'établissement, les pièces qu'il a lui-même mis en scène n'ont cessé de nous étonner et de nous émouvoir. On n'a qu'à penser à Hippocampe, Corps Étranger, Opium 37 et Chambre(s). Il a ce don particulier de créer des ambiances fortes de sens qui vont au-delà du jeu des comédiens; que ce soit par l'utilisation des silences, des ombres, des déplacements... Il maîtrise très bien son art. 

Jusqu'au 19 mai, il présente En découdre avec la collaboration de l'auteur français Luc Tartar. Les deux créateurs avaient déjà eu l'occasion de travailler ensemble, en 2009, avec la pièce pour adolescents S'embrassent, du Théâtre Bluff. Un franc succès. 
Cette fois-ci, c'est la schizophrénie qu'ils essaient de démystifier.
«Confronter ses propres démons. Bousculer les conventions, sortir de la mêlée pour capter la lumière, avoir le droit au bonheur. En découdre est le combat épique de celui qui est différent, mais qui lutte avec courage et vaillance.»

Étant vendue au travail d'Éric Jean, je l'avoue, c'est avec de grosses attentes que je me suis rendue au Quat'sous plus tôt cette semaine. Je n'ai vraiment pas été déçue, mais pour être franche, je trouve qu'il manquait à cette création un je-ne-sais-quoi qui aurait su déclencher un plus fort sentiment d'empathie envers le personnage féminin atteinte de schizophrénie. Pour vous mettre en contexte, la pièce raconte l'histoire d'une jeune femme dans la vingtaine qui, à force de comportements anormaux, apprend qu'elle est atteinte de schizophrénie. S'en suit une traversé dans les coins sombres de la maladie où ses proches tentent tant bien que mal de l'aider. 

On annonçait une création à la fois musicale et théâtrale, ce qui a d'autant plus piqué ma curiosité. Un choix juste et très bien exploité de la part de Monsieur Jean. On a laissé le texte respirer en l'entremêlant à des trames sonores, des silences, de la danse et du chant. Face à la maladie ce n'est, en effet, pas tant la parole qui contribue à nous faire plonger au coeur du sujet, mais tout ce qui touche l'ambiance et l'expression corporelle. Une belle idée qui fonctionne. 

Je n'ai jamais eu à faire face à la schizophrénie dans mon entourage, j'en connais donc très peu sur le sujet. C'est d'ailleurs pourquoi j'aurais aimé voir des réactions plus vives de la jeune femme et de son entourage à l'annonce de cette terrible nouvelle. On sent le désemparement chez les personnages, mais c'est très «léger». Si on se met à la place de la mère de la jeune fille, je suis certaine qu'il y aura plus de colère et de sentiments mitigés face à la maladie que ce que l'on voit sur scène. J'aurais aussi aimé être transportée dans la tête de la jeune fille; entendre les voix et les sons qui hantent les gens atteints de schizophrénie, dit-on. On a choisi de ne pas entrer là-dedans pour En Découdre et selon moi, ça manque un peu à la pièce.

Reste qu'il s'agit d'une très belle création au plan de la mise en scène et dont le propos nous force à une réflexion sur cette maladie encore bien peu connue. À la sortie du théâtre, ce sont les mots touchant et poésie qui se promenaient sur les lèvres des spectateurs.

En Découdre, jusqu'au 19 avril 2011 @ Théâtre Quat'sous
http://www.quatsous.com/1011/saison/en_decoudre.php

vendredi 6 mai 2011

À toi, pour toujours, ta Marie-Lou @ TNM


C'est dans le cadre du 40iem anniversaire de l'oeuvre de Michel Tremblay que le TNM a choisi d'inclure la création à sa programmation cette année. Force est de constater que, malgré les années, le texte d'À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, est toujours aussi évocateur et touchant. Une des grandes forces de l'oeuvre de Tremblay c'est qu'elle est et demeurera, on le devine, encore très longtemps d'actualité. Probablement parce que la condition humaine, même si elle évolue à travers l'histoire, conserve les mêmes bases et les mêmes tourments.

Mardi dernier, nous avons assisté à la deuxième représentation de la création, à l'affiche jusqu'au 28 mai au TNM. Mise en scène par Gill Champagne, la distribution est composée de Denis Bernard, Eveline Gélinas, Marie Michaud et Dominique Quesnel. La performance des comédiens est remarquable. Tous les quatre valsent à merveille et avec justesse entre les sentiments de colère, de tristesse, de mépris et de mélancolie qui tiraille le texte de Tremblay. Je ne peux malheureusement pas comparer ou encore faire des parallèles entre la mise en scène de Monsieur Champagne et ce qui s'est fait dans le passé, puisque c'était la première fois que je voyais la création au théâtre. L'idée du metteur en scène d'entremêler les dialogues du passé et du présent entre les personnages amène beaucoup à la pièce et elle y ajoute une certaine poésie. Belle exercice que d'entendre les discours des parents et des enfants n'en devenir qu'un à travers les années.
Le choix du décor est tout aussi ingénieux: un pan de mur qui symbolise la maison familiale, une barque bricolée à partir d'une porte et de l'eau. Ces simples éléments suffisent à illustrer la cellule familiale dysfonctionnelle de Léopold et Marie-Louise. Des naufragés au coeur de la ville, la dérive de l'amour, des enfants qui ne se mouillent pas, l'image de Marie-Louise la Sainte Vierge; bref, le secret qui dort au fond des eaux en apparence calmes. Avec tous les liens à faire entre l'histoire et l'eau, l'idée d'en intégrer sur la scène n'est pas vaine. Chapeau.

La pièce ne dure qu'une heure vingt et pas une minutes à travers cela on ne se lasse d'entendre Léopold, Marie-Louise, Manon et Carmen s'entre-déchirer. Comme quoi on ne cessera de prouver que la ligne est mince entre l'amour et la haine.

Jusqu'au 28 mai 2011 au Théâtre du Nouveau Monde.
www.tnm.qc.ca

mercredi 27 avril 2011

Temps: la tragédie cachée dans une poupée russe


Je n'ai jamais douté du génie créatif de Wajdi Mouawad. Dès la première création que j'ai vu de lui, Incendies, je suis tombée amoureuse de son style et de la poésie qu'il brode autour des drames humains. Il n'y a que lui pour brouiller les cartes entre bourreau et victime, entre haine et amour, des limites que l'on découvre très minces. Je n'ai pas peur de le dire, malgré la contreverse qui a entouré la participation de Bertrand Cantat dans le Cycle des femmes au TNM, j'ai toujours cru et su qu'il y avait une démarche brillante qui sous-tendait l'idée de Wajdi. Tout ceci m'amène à vous parler de Temps, sa plus récente création présentée au Théâtre d'Aujourd'hui. 

L'action de Temps se déroule à Fermont alors que la ville est aux prises avec un problème de rats. Ayant été chassés de leur forêt ravagée par un incendie, les rats se voient obligés de dévier leur trajectoire en passant par la ville pour atteindre le dépotoir, leur source de nourriture. On découvre que l'origine de l'incendie est liée au drame de la famille Delaforge. C'est le courage de Noëlla, l'aînée de la famille, qui réunira toute la famille alors que leur père s'éteint tranquillement des ravages de la maladie d'alzheimer. On est ensuite transporté dans une histoire où toute la beauté et la laideur du monde s'entremêle, où la vengeance valse avec la pitié et où la maladie s'avère méritée. Une réflexion sur l'amour fraternel au-delà des barrières, l'universalité du langage et le rapport victime agresseur.

Le point culminant de l'histoire nous apparaît tranquillement comme dans le cas d'Incendies, c'est pourquoi je ne peux pas vous en dire beaucoup plus sans vous en révéler l'essentiel. Bien que le propos de Temps soit cruel et difficile, c'est une pièce à voir et de laquelle on ressort avec un moment de réflexion à prendre. C'est réellement le type de pièce de théâtre qui me fait vibrer: la dure réalité de laquelle on fait aussi ressortir les nuances et la beauté. 

Une pièce à voir pour ceux qui aimeraient découvrir Wajdi Mouawad ou encore pour ceux qui doutent de ses intentions et de son génie de créateur.

Temps, jusqu'au 14 mai au Théâtre d'Aujourd'hui.
www.theatredaujourdhui.qc.ca

mardi 12 avril 2011

Une petite salle qui dévoile grand / Théâtre d'Aujourd'hui

Pour tous ceux qui sont friands de culture, l'arrivée du printemps à Montréal est synonyme de lancement de programmations. Vous n'avez qu'à ouvrir n'importe quel journal aujourd'hui pour valider. On parle des festivals d'été qui s'en viennent et des saisons 2011-2012 dans les institutions culturelles. Hier, justement, avait lieu le dévoilement de la programmation du Théâtre d'Aujourd'hui.


C'est la programmation de la Salle Jean-Claude Germain, qui n'est pas la principale, qui a le plus attirée mon attention. Justement parce que cette année j'y ai fait de belles découvertes et que l'endroit a été une révélation pour moi. La salle offre une vitrine pour les jeunes auteurs québécois et, avec sa programmation de qualité, elle attire les foules. La saison prochaine, on pourra, entre autres, y voir:

Deux dans votre vie de Rébecca Déraspe
«Brigitte retrouve son frère Jérémie pendu dans son garde-robe. Pas mort. Juste un peu pendu. Une situation normale ; les célibataires veulent se suicider, c’est bien connu. Indignée des crises récurrentes de son frère, Brigitte décide de lui trouver une conjointe...»

Princesses de Catherine Léger
«Devant le silence obstiné de leur mère, trois sœurs, jeunes professionnelles dans la trentaine, princesses dans leur façon d’être supérieures, aliénées par leur droit au bonheur et compétitives jusqu’à l’os, vont sombrer dans des fantasmes juvéniles de fuite, de batailles et de règlements de compte...»

Le nid vide de Lise Gionet
«Une maman. Un papa. Nos deux « oiseaux » entretiennent une progéniture dans un nid grouillant de vie. Puis, soudain le Nid est vide…»

L'anatomie d'un chien de Pierre-Luc Lasalle
«Anne-Sophie et Rémi convient des amis afin de leur annoncer leur rupture. Ce n’est pas un drame. Ils se séparent à l’amiable. Ils demeureront amis. Selon eux, la soirée devrait bien se dérouler. Tout le monde devrait comprendre la situation. Tout le monde devrait les supporter. Mais lorsque Henri se présente accompagné d’un chien, tout bascule...»

D pour Dieu? de Simon Boudreault
«D pour Dieu? est une comédie existentielle, ludique et imagée, qui traite de la désillusion sous toutes ses formes, à travers l’évolution d’un homme qui, bébé, se prend pour Dieu...»

C'est le genre de propositions théâtrales qui me font attendre avec impatience le retour de l'automne! (et je suis presque sérieuse) La saison débute le 16 août prochain avec Deux dans votre vie

www.theatredaujourdhui.qc.ca

jeudi 7 avril 2011

Incontournable FTA


Du 26 mai au 11 juin prochain se tiendra la 5iem édition du Festival Transamériques célébrant le théâtre et la danse. L'un de mes rendez-vous préféré de l'année. Étant une adepte de théâtre, j'ai assisté avec frénésie aux 3 dernières éditions en étant toujours plus surprise d'une année à l'autre. La qualité et l'originalité des productions est remarquable.

En gros, on prend part au FTA comme à un marathon théâtral. Il faut planifier les pièces que nous verrons très à l'avance (les billets sont en vente maintenant et ils s'envolent vite) et comme il y a beaucoup à voir en peu de temps, on enchaîne les productions de soir en soir le festival venu. Voici, selon moi, 3 pièces qui vaudront le détour lors de la prochaine édition:

What's Next
Une production signée Dave Saint-Pierre et Brigitte Poupart. La collaboration des deux créateurs, tous deux extrémistes que ce soit des mots ou des mouvements, en promet. Ils nous réservent des improvisations non-censurées et proposent de repousser les frontières de l'exploration scénique. Voilà pourquoi What's Next. Pour ceux qui ne les connaissent pas, il faut savoir que tous deux ont déjà repoussé les frontières de la scène, que ce soit par la nudité, les mots ou encore le rapport avec le public... On a hâte de voir jusqu'où ils peuvent nous mener.

L'enclos de l'éléphant
Une pièce d'Étienne Lepage, à qui l'on doit les surprenants Rouge Gueule et Kick, mise en scène par Sylvain Bélanger et interprétée par, entre autres, Paul Ahmarani. Ça promet d'en jeter. On raconte l'histoire d'un homme qui laisse entrer chez lui un inconnu le temps d'une averse. Leur conversation d'abord clair devient de plus en plus nébuleuse. On entre dans un microcosme, «celui où vous êtes seul face aux terreurs sourdes qui sous-tendent votre quotidien».

Octobre 70
On propose une version «de l'intérieur» du célèbre enlèvement de Pierre Laporte par les quatre membres de la cellule Chénier du Front de libération du Québec. Intrusion, donc, à l'intérieur de la maison rue Armstrong de Longueuil pour assister à ce qui s'est passé entre les ravisseurs et l'otage. Un voyage à travers les contradictions entre l'action et les convictions proposé par Martin Genest.

Ce n'est qu'une infime partie de ce que nous propose le FTA, à vous de voir: http://www.fta.qc.ca